Article publié le 2 juillet 2026
Depuis le 16 juin 2023, des changements au Règlement sur la santé et la sécurité du travail (RSST) obligent les employeurs du Québec à mettre en place une démarche structurée de prévention afin de réduire l’exposition des travailleurs au bruit[1].
Quel que soit le nombre d’employés ou le secteur d’activité, l’employeur doit désormais mesurer le niveau d’exposition quotidienne au bruit. Ateliers mécaniques, usines, entrepôts, cuisines industrielles, centres de transformation ou même certains environnements de bureaux techniques : dès que le seuil réglementaire de 85 dBA est dépassé pour une journée de travail de 8 heures, l’employeur a l’obligation de mettre en place des mesures pour réduire le niveau sonore[2].
Souvent perçu comme une simple nuisance, le bruit constitue pourtant un risque important pour la santé et la sécurité. Les effets vont de la fatigue et du stress à une diminution de la concentration et de la vigilance, augmentant ainsi le risque d’accidents. À long terme, une exposition prolongée peut entraîner des maladies professionnelles telles que la perte auditive ou la surdité permanente[3].
Autrement dit, un environnement devenu « normal » avec le temps peut malgré tout présenter un danger réel. Mais alors, par où commencer?
La conformité repose sur une démarche en trois étapes[4] : identifier, corriger et contrôler.
L’employeur doit répertorier les tâches, les équipements et les zones où l’exposition au bruit pourrait dépasser les limites permises. Le test de la voix constitue un bon indicateur : si deux personnes doivent élever significativement la voix pour se parler, le niveau de bruit peut être problématique.
Il est aussi essentiel de consulter les travailleurs et d’utiliser des outils comme la calculette de bruit de la CNESST pour estimer l’exposition quotidienne (Lex, 8 h), surtout lorsque plusieurs tâches bruyantes s’additionnent.
La priorité doit toujours aller à la réduction du bruit à la source : remplacement d’équipements, encoffrement acoustique, etc. Si ce n’est pas possible, des moyens techniques et administratifs doivent être mis en place comme la modification des méthodes de travail, la réorganisation des tâches ou la rotation des postes.
Les protecteurs auditifs demeurent une mesure de dernier recours. Lorsqu’ils sont requis, l’employeur doit offrir une formation théorique et pratique obligatoire sur le choix, le port, l’entretien et l’importance de les porter pendant toute la durée d’exposition.
Si aucun moyen raisonnable ne peut être mis en place, un mesurage normatif (réalisé par un professionnel qualifié utilisant les normes et instruments appropriés) doit être effectué dans un délai de 30 jours.
L’employeur doit mettre en place les solutions retenues, assurer leur efficacité et maintenir leur application dans le temps. Cela comprend l’affichage des zones où les protecteurs auditifs sont obligatoires, la diffusion des rapports de mesurage et la conservation des documents dans un registre ou dans le programme de prévention.
Le mesurage normatif devient obligatoire lorsque les mesures correctives sont implantées afin de vérifier leur efficacité, ou lorsqu’aucune autre mesure n’est possible. Il doit alors être réalisé par un professionnel qualifié utilisant les normes et instruments appropriés.
Le bruit est souvent banalisé parce qu’il fait partie du quotidien. Pourtant, ses effets sont bien réels, progressifs et souvent irréversibles.
Depuis l’entrée en vigueur des modifications au RSST en juin 2023, les attentes envers les employeurs québécois sont claires : les situations à risque de dépassement de 85 dBA sur 8 heures devraient déjà être identifiées, des mesures de réduction du bruit déjà définies, puis déployées, rigoureusement suivies et documentées.
Rappelons-nous qu’en matière de SST, agir contre le bruit, ce n’est pas seulement respecter une obligation réglementaire, c’est investir durablement dans la santé des travailleurs et la pérennité de votre établissement.
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[1] Règlement sur la santé et la sécurité du travail (RSST) section XV- Bruit- Art.130 à 141.5. [En ligne]. Consulté le 2 juillet 2026.
[2] Règlement sur la santé et la sécurité du travail (RSST) section XV- Bruit- Art.130 à 141.5. [En ligne]. Consulté le 2 juillet 2026.
[3] Guide de pratique pour l’identification et la mesure de l’exposition des travailleurs au bruit. Mis à jour en avril 2025. [En ligne]. Consulté le 2 juillet 2026.
[4] Auto Prévention. [En ligne]. Consulté le 2 juillet 2026.
Le bruit est l’une des nuisances les plus courantes pour la santé de vos employés. En effet, le tiers des salariés sont généralement exposés à des niveaux sonores dangereux sur leur milieu de travail. Sur une journée de travail d’environ 8 heures, les bruits gênants peuvent rapidement devenir nocifs ou agressants pour l’individu. Cela peut se répercuter sur sa capacité auditive et même sur sa santé mentale.
Afin d’éviter les répercussions négatives d’une exposition prolongée au bruit pour ses travailleurs, l’employeur doit mettre en place des mesures préventives et veiller au maintien de celles-ci.