Article publié le 4 février 2025
Article rédigé par Me Béatrice Kénol
Le changement climatique, principalement causé par l’augmentation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère attribuable aux activités humaines, comme la combustion des combustibles fossiles et la déforestation, est l’un des défis les plus pressants de notre époque, engendrant des transformations profondes dans l’environnement qui touchent directement la vie quotidienne.
Les effets du changement climatique se font sentir dans tous les secteurs de la société, y compris sur le lieu de travail. Les conditions météorologiques de plus en plus imprévisibles, telles que les vagues de chaleur, les incendies de forêt, les inondations et la dégradation de la qualité de l’air, posent des risques significatifs pour la santé et la sécurité des travailleuses et travailleurs.
Face à ces défis climatiques, il est essentiel d’adopter une approche proactive en intégrant des mesures de prévention et d’adaptation dans les politiques de santé et de sécurité du travail. Ce blogue examinera les impacts du changement climatique sur la santé et la sécurité des travailleurs, ainsi que les mesures nécessaires pour atténuer ces effets néfastes, garantissant ainsi des environnements de travail sûrs et résilients.
Les vagues de chaleur, qui se caractérisent par des températures anormalement élevées durant une période prolongée, sont de plus en plus fréquentes et intenses en raison du réchauffement climatique. Ces conditions extrêmes peuvent entraîner de graves problèmes de santé pour les travailleurs, notamment des coups de chaleur, la déshydratation et l’aggravation de maladies préexistantes.
Dans les secteurs tels que l’agriculture, la construction et le transport, où le travail en extérieur est courant, les employés sont particulièrement vulnérables. Les travailleurs peuvent souffrir de fatigue, de confusion mentale et d’autres troubles liés à la chaleur, ce qui compromet leur sécurité sur le lieu de travail. Les températures élevées peuvent affecter la concentration et la prise de décision, augmentant ainsi le risque d’accidents du travail.
Pour atténuer ces risques, les employeurs doivent mettre en place des mesures de prévention, telles que l’aménagement de pauses régulières, la fourniture d’eau potable et l’adoption de vêtements adaptés. En outre, il est crucial d’éduquer les travailleurs sur les signes d’alerte d’une exposition excessive à la chaleur et de promouvoir une culture de sécurité en milieu de travail.
Les incendies de forêt, exacerbés par le réchauffement climatique et des conditions climatiques extrêmes, représentent une menace croissante, notamment pour les employés des secteurs forestiers et agricoles. Les feux peuvent non seulement causer des blessures physiques, mais également engendrer des problèmes respiratoires causés par l’inhalation de fumée et de particules nocives. Celles-ci contiennent divers polluants, notamment le dioxyde de soufre, le dioxyde d’azote, le monoxyde de carbone et des particules fines (MP2,5). Ces particules, composées de fumée, de suie et d’aérosols, peuvent se déplacer sur de longues distances et pénétrer profondément dans les poumons. Une exposition élevée peut entraîner une irritation des yeux et des voies respiratoires, une toux et des maux de tête. Les personnes souffrant de maladies cardiaques ou pulmonaires sont particulièrement à risque, avec un risque accru d’aggravation de leurs symptômes1.
Il est impératif pour les entreprises situées dans des zones à risque de mettre en place des plans d’urgence robustes, de former les employés sur les procédures de sécurité et de fournir des équipements de protection individuels (EPI) adaptés, tels qu’un appareil de protection respiratoire (APR). De plus, la sensibilisation aux risques liés aux incendies de forêt doit être intégrée dans les programmes de formation continue.
Le réchauffement climatique influence également la qualité de l’air, un facteur déterminant pour la santé des travailleuses et travailleurs. L’indice de qualité de l’air (IQA) est un outil essentiel pour évaluer et informer sur la pollution atmosphérique. Une mauvaise qualité de l’air, souvent exacerbée par des conditions climatiques extrêmes, a des effets néfastes sur la santé des travailleurs. Les polluants tels que le dioxyde de soufre, les oxydes d’azote, le monoxyde de carbone et les particules fines (MP10 et MP2,5) sont directement liés à des problèmes de santé respiratoire et cardiovasculaire.
Des niveaux élevés de pollution de l’air, indiqués par un IQA défavorable, peuvent aggraver des conditions préexistantes telles que l’asthme et la bronchite, et augmenter le risque d’infections respiratoires. Les travailleurs exposés à des niveaux élevés de pollution, notamment ceux des secteurs industriels, de la construction et des transports, peuvent également présenter des symptômes comme la toux, l’irritation des yeux et des difficultés respiratoires, ce qui peut réduire leur capacité à travailler efficacement.
Pour protéger les travailleurs, il est essentiel de surveiller régulièrement la qualité de l’air sur les sites de travail et de mettre en œuvre des mesures pour réduire l’exposition, comme l’installation de systèmes de ventilation efficaces et le respect des normes de qualité de l’air. Les entreprises doivent également envisager des politiques de travail flexibles pendant les périodes de pollution élevées, permettant au personnel de travailler à des moments où la qualité de l’air est meilleure.
Le changement climatique entraîne des conséquences directes sur la fréquence et l’intensité des inondations, ce qui pose des défis majeurs pour la santé et la sécurité du travail. Avec des précipitations plus intenses, certaines régions sont confrontées à des inondations plus fréquentes, affectant les lieux de travail, les infrastructures et la sécurité des travailleurs.
Lors de ces événements, les risques de blessures augmentent en raison des conditions dangereuses, telles que les glissements de terrain, l’électrocution et l’exposition à des agents pathogènes présents dans l’eau contaminée. De plus, les inondations peuvent entraîner des perturbations prolongées des activités professionnelles, augmentant le stress et les risques pour la santé mentale des travailleurs.
Pour atténuer ces risques, les employeurs doivent élaborer des plans de gestion des catastrophes qui incluent des stratégies d’évacuation et de protection des infrastructures. La formation des employés sur la sécurité en cas d’inondation et la mise en place de mesures de prévention, comme l’amélioration du drainage sur les sites de travail, sont également cruciales.
En résumé, le changement climatique pose des risques croissants pour la santé et la sécurité du travail, en augmentant la fréquence et l’intensité des événements météorologiques extrêmes. En matière de sécurité des travailleurs et travailleuses et leur bien-être physique et mental, il est crucial d’adopter des mesures préventives et de promouvoir des pratiques durables, garantissant ainsi un environnement de travail plus sûr et résilient face aux défis climatiques.
1CNESST. (n. d.). Feux de forêt et panaches de fumée. Consulté à l’adresse : cnesst.gouv.qc.ca/fr/prevention-securite/identifier-corriger-risques/liste-informations-prevention/feux-foret-panaches-fumee.
Alors que plusieurs entreprises québécoises, petites ou moyennes, voient leurs marchés se développer à l’échelle internationale au fil des dernières décennies, il est important de déterminer la portée de la Loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles (LATMP) dans les différents cas qui peuvent survenir en cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle.
En santé et sécurité du travail (SST), diverses lois ont été adoptées afin d’encadrer le monde du travail. L’une de ces lois est la Loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles (LATMP).