Les risques et les facteurs de risques psychosociaux, c’est quoi au juste? Ils font maintenant partie des nouvelles dispositions de la LMRSST. Ils permettent non seulement de démocratiser la santé physique et psychologique – de la vulgariser et d’en parler –, mais s’inscrivent dans une perspective plus large de bien-être au travail.
La Loi 27, modernisant le régime de santé et de sécurité du travail au Québec, traite de la protection de la santé mentale et des risques psychosociaux (RPS). Elle comprend une obligation pour les employeurs de prévenir les dangers psychologiques au même titre que les risques physiques.
Cet article se concentre sur les facteurs de risques psychosociaux en profondeur. Pour un survol général des risques psychosociaux, consultez notre autre article de blogue sur le sujet.
Il existe cinq facteurs de risques psychosociaux identifiés par la CNESST. Il s’agit de :
Nous explorons ci-dessous en détail chacun des cinq facteurs de risques psychosociaux (RPS) identifiés par la CNESST, afin de mieux comprendre leurs impacts et vous donner des moyens concrets de prévention.
Nous vous rappelons que chacun de ces facteurs fait également l’objet d’une formation qui y est consacrée sur notre plateforme en ligne Novo Studio*, vous permettant d’aller plus loin et d’accompagner efficacement vos équipes dans la gestion de ces enjeux. Pas encore client Novo Studio? Demandez votre démo gratuite dès maintenant!
La charge de travail représente l’ensemble des tâches demandées à une personne dans son travail ainsi que les moyens dont elle dispose pour les réaliser. Elle ne se limite pas à « trop de travail » : elle inclut aussi un manque de tâches, la complexité des demandes, les délais trop courts ou encore les imprévus constants. Selon la CNESST, elle devient un risque psychosocial lorsque les exigences dépassent la capacité réelle de la personne, compte tenu des ressources dont elle dispose. Lorsqu’elle est bien équilibrée, la charge de travail peut être stimulante et favoriser l’engagement; à l’inverse, un déséquilibre – que ce soit par surcharge ou sous-charge – peut nuire au bien-être.
Les effets d’une charge de travail mal adaptée peuvent être significatifs. Une surcharge peut entraîner fatigue, stress et perte de concentration, tandis qu’une sous-charge peut mener à l’ennui, à la démotivation et à un sentiment d’inutilité. À long terme, cette situation peut contribuer à l’apparition de stress et de fatigue chroniques, de l’anxiété, des troubles du sommeil, des douleurs physiques ou même un épuisement professionnel. Pour les organisations, cela peut se traduire par une baisse de performance et une augmentation des absences, des erreurs ou encore des accidents de travail.
L’élément clé à retenir : l’enjeu de la charge de travail est avant tout un problème organisationnel, plutôt qu’individuel. Il ne suffit pas de demander aux travailleurs d’être « plus performants » pour que la situation s’améliore. Il est donc essentiel d’agir à la source en clarifiant les priorités, en répartissant les tâches de façon réaliste et tenant compte de la capacité réelle de l’équipe. Une communication ouverte et régulière entre gestionnaires et employés permet aussi de mieux ajuster les attentes. Trouver le bon équilibre contribue non seulement à la santé des équipes, mais aussi à la performance durable de l’organisation.
Surcharge : un employé reçoit régulièrement de nouvelles tâches urgentes sans ajustement de ses priorités. Il allonge ses journées pour essayer de tout faire, mais n’y arrive pas → le stress augmente et les erreurs apparaissent.
Sous-charge : une employée a très peu de tâches stimulantes et passe une grande partie de sa journée à attendre. Le temps paraît long → elle se sent inutile, démotivée et moins engagée.
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L’autonomie décisionnelle, c’est la capacité pour un employé d’organiser ses tâches, de prendre des décisions et d’utiliser son jugement professionnel dans l’exécution de ses fonctions. Cela inclut, par exemple, la possibilité de décider de l’ordre des tâches, de gérer son temps ou de choisir certaines méthodes de travail. Quand cette marge de manœuvre est trop limitée comme lorsque chaque action doit être validée ou que les façons de faire sont trop rigides, les employés peuvent avoir l’impression d’être contrôlés en permanence ou de ne pas pouvoir effectuer leur travail correctement malgré leurs compétences.
Ce manque d’autonomie peut rapidement devenir une source de stress et de frustration. Il donne un sentiment de perte de contrôle, ce qui augmente la pression et diminue la motivation. À long terme, cela peut affecter l’engagement, la confiance en soi et même la santé psychologique. À l’inverse, une autonomie trop grande sans balises claires peut aussi créer de l’incertitude, du flou ou un sentiment d’abandon.
L’objectif est donc de trouver un juste équilibre : offrir de la flexibilité tout en gardant un cadre clair. Encourager la participation aux décisions, demander l’avis des employés et leur laisser une certaine latitude dans l’exécution du travail sont toutes des pratiques simples qui peuvent faire une grande différence.
Exemple concret :
Une conseillère RH est responsable de gérer les relations de travail et de soutenir les gestionnaires. Elle possède l’expertise pour proposer des solutions adaptées aux situations (conflits, gestion de performance, etc.), mais on lui impose de suivre des lignes directrices très strictes et de faire valider chacune de ses interventions par la direction.
Elle ne peut pas ajuster ses pratiques selon le contexte → elle a l’impression que ses compétences ne sont pas reconnues et ressent une perte de motivation.
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